Le nouveau seuil de franchise en base de TVA : ce qui change en 2026
Depuis le 1er janvier 2025, le seuil de franchise en base de TVA pour les auto-entrepreneurs a été relevé à 37 500 € de chiffre d'affaires annuel, contre 36 800 € précédemment pour les prestations de services. Ce relèvement, issu de la directive européenne 2020/285, vise à harmoniser les régimes de TVA au sein de l'Union européenne et à simplifier la gestion administrative des très petites entreprises.
Concrètement, ce seuil unifié de 37 500 € s'applique désormais à toutes les activités relevant du régime micro-social, qu'il s'agisse de prestations de services BIC (bénéfices industriels et commerciaux), BNC (bénéfices non commerciaux) ou d'activités commerciales. L'ancien seuil majoré de 39 100 € (tolérance avant déclenchement automatique) est porté à 41 250 € pour l'année 2026.
Rappel du mécanisme : Tant que votre chiffre d'affaires reste sous le seuil de 37 500 €, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA. Vous ne facturez pas de TVA à vos clients et ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats. Entre 37 500 € et 41 250 €, vous conservez la franchise l'année du dépassement. Au-delà de 41 250 € ou si vous dépassez 37 500 € deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel de TVA dès le premier jour du mois de dépassement.
Cette évolution minime en apparence – seulement 700 € de plus – soulève pourtant des questions stratégiques importantes pour les 1,7 million d'auto-entrepreneurs français : faut-il chercher à rester sous le seuil ou au contraire opter volontairement pour la TVA ? La réponse dépend largement de votre secteur d'activité et de votre clientèle cible.
Impacts différenciés selon les secteurs d'activité
Les activités de services intellectuels : avantage renforcé
Pour les consultants, développeurs, formateurs, traducteurs, graphistes et autres professions intellectuelles, la franchise en base de TVA représente un avantage concurrentiel majeur. Ces activités se caractérisent par des charges d'exploitation faibles (moins de 15% du CA en moyenne) et peu de TVA déductible à récupérer.
Avec le seuil à 37 500 €, un consultant peut facturer jusqu'à 3 125 € HT par mois sans TVA. Face à un concurrent assujetti à la TVA qui facture 3 125 € HT + 625 € de TVA (20%), l'auto-entrepreneur en franchise affiche un prix TTC de 3 125 € contre 3 750 € pour son concurrent, soit une différence de 16,7% – un écart décisif pour remporter un marché auprès de clients particuliers ou d'entreprises non assujetties.
| Profil | CA annuel | Charges (10%) | TVA récupérable | Revenu net avant IR | Avantage franchise |
|---|---|---|---|---|---|
| Développeur web en franchise TVA | 37 000 € | 3 700 € | 0 € | 25 390 € | Référence |
| Développeur web assujetti TVA | 30 833 € HT (37 000 TTC) | 3 083 € | 617 € | 21 135 € | -16,8% |
Le calcul intègre les cotisations sociales à 21,2% pour une activité libérale. L'auto-entrepreneur en franchise conserve un revenu supérieur de plus de 4 200 € par an à chiffre d'affaires TTC équivalent, car il encaisse la totalité du montant facturé sans reverser de TVA à l'État.
Commerce et activités nécessitant des achats importants : le piège de la franchise
À l'inverse, pour les activités de e-commerce, artisanat avec matières premières, réparation automobile, restauration, la franchise en base peut devenir un handicap financier. Ces secteurs supportent des taux de charges de 40 à 70% du chiffre d'affaires, avec une TVA déductible substantielle sur les achats.
Prenons l'exemple d'un auto-entrepreneur en vente de matériel informatique réalisant 37 000 € de CA avec 60% de coût d'achat (22 200 €). En franchise TVA, il paie ses fournisseurs TTC et ne peut récupérer les 4 440 € de TVA sur achats. Son concurrent assujetti à la TVA facture 30 833 € HT + 6 167 € de TVA collectée, achète pour 18 500 € HT + 3 700 € de TVA déductible, et reverse seulement 2 467 € à l'État (6 167 - 3 700).
Simulation comparée (activité commerciale) :
• Auto-entrepreneur franchise : CA 37 000 € - achats TTC 22 200 € - cotisations 4 773 € = 10 027 € net
• Auto-entrepreneur TVA : CA HT 30 833 € - achats HT 18 500 € - cotisations 3 974 € - TVA nette 2 467 € = 5 892 € net
• Écart : +4 135 € en faveur de la franchise, mais uniquement si les prix de vente restent identiques TTC.
Le problème surgit lorsque la concurrence est assujettie à la TVA. Si l'auto-entrepreneur veut s'aligner sur les prix HT du marché pour vendre aux professionnels, il doit facturer 30 833 € au lieu de 37 000 €, perdant ainsi 6 167 € de chiffre d'affaires sans bénéficier d'aucune récupération de TVA. Dans ce cas, opter volontairement pour la TVA devient plus rentable dès 25 000 € de CA si les achats dépassent 55% du chiffre d'affaires.
Prestations de services aux entreprises : l'équation client
Pour les prestataires B2B (nettoyage professionnel, maintenance informatique, comptabilité), le seuil de 37 500 € modifie peu la donne. Les entreprises clientes assujetties récupèrent la TVA, donc l'absence de facturation de TVA ne leur procure aucun avantage. Ces clients comparent les prix HT, pas TTC.
Un auto-entrepreneur en maintenance informatique facturant 37 500 € TTC à des entreprises se trouve en concurrence avec des prestataires assujettis proposant 31 250 € HT (soit 37 500 € TTC avec TVA). Pour le client professionnel, les deux offres sont équivalentes en coût réel, mais l'auto-entrepreneur en franchise perçoit 37 500 € quand son concurrent encaisse seulement 31 250 € et doit reverser 6 250 € de TVA.
L'avantage demeure donc réel, sauf si le prestataire doit investir dans du matériel (ordinateurs, outillage, véhicule). Dans ce cas, l'impossibilité de récupérer la TVA sur un investissement de 10 000 € HT (2 000 € de TVA perdue) peut annuler plusieurs années de bénéfice lié à la franchise.
Stratégies d'optimisation : rester sous le seuil ou basculer volontairement ?
Techniques de pilotage pour rester sous le seuil
Face au relèvement limité à 37 500 €, de nombreux auto-entrepreneurs cherchent à optimiser leur chiffre d'affaires pour préserver la franchise. Plusieurs leviers existent :
- Étalement des factures : reporter les encaissements de décembre à janvier pour lisser le CA sur deux années et éviter de franchir 37 500 € une année donnée. Attention, c'est la date d'encaissement qui compte en micro-entreprise, pas la date de prestation.
- Refus sélectif de missions : en fin d'année, décliner les petites missions pour rester sous 37 500 €, quitte à perdre 2 000 € de CA si le passage à la TVA ferait perdre plus en compétitivité prix.
- Augmentation des tarifs horaires : avec le nouveau seuil, un consultant peut facturer 120 € de l'heure au lieu de 100 €, offrant 312 heures facturables par an (26 heures/mois) tout en restant en franchise, contre 307 heures avant.
- Diversification en société : créer une structure complémentaire (SASU, EURL) pour les missions dépassant le seuil, en gardant l'auto-entreprise pour les petits contrats particuliers.
Astuce 2026 : Le seuil majoré de 41 250 € offre une zone de tolérance de 3 750 €. Vous pouvez dépasser 37 500 € une première année sans perdre la franchise, à condition de repasser sous ce seuil l'année suivante. Cette marge permet d'accepter une mission exceptionnelle de 5 000 € en fin d'année sans risque immédiat.
L'option volontaire pour la TVA : quand y recourir ?
Depuis 2026, opter volontairement pour la TVA reste possible même sous le seuil de franchise. Cette démarche s'effectue via le formulaire 3590 auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE), avec effet au 1er jour du mois suivant la demande. L'option engage pour deux années civiles minimum.
Cette stratégie devient pertinente dans plusieurs cas :
- Charges élevées avec TVA récupérable : activités avec plus de 50% d'achats TTC (commerce, artisanat alimentaire, BTP). Le gain de TVA déductible compense largement la complexité administrative.
- Clientèle 100% professionnelle : si tous vos clients récupèrent la TVA, facturer HT ou TTC leur est indifférent. Autant récupérer la TVA sur vos frais.
- Investissement important prévu : achat d'un véhicule professionnel à 25 000 € HT = 5 000 € de TVA récupérable immédiatement si vous êtes assujetti.
- Développement à l'international : facturer en HT facilite les transactions B2B transfrontalières (mécanisme d'autoliquidation de la TVA).
- Crédibilité commerciale : certains donneurs d'ordres exigent un numéro de TVA intracommunautaire pour référencer un fournisseur.
| Critère | Rester en franchise | Opter pour la TVA |
|---|---|---|
| Type de clientèle | Particuliers et TPE non assujetties | Entreprises assujetties à la TVA |
| Taux de charges | Moins de 30% du CA | Plus de 50% du CA |
| TVA récupérable annuelle | Moins de 1 500 € | Plus de 3 000 € |
| Investissements prévus | Équipement informatique basique | Véhicule, local, machines |
| Gestion administrative | Simplifiée (pas de déclaration TVA) | Complexe (déclarations mensuelles/trimestrielles) |
| Avantage prix TTC | Jusqu'à 16,7% moins cher | Équivalent HT avec concurrence |
Calcul du point mort : à partir de quel taux de charges opter pour la TVA ?
Le seuil de rentabilité pour basculer volontairement à la TVA se calcule en comparant l'avantage commercial de la franchise (ne pas facturer 20% de TVA aux clients particuliers) et le montant de TVA récupérable sur les achats professionnels.
Formule simplifiée : Taux de charges TTC × Taux de TVA moyen = Seuil de bascule
Exemple pour un artisan avec 55% de charges TTC (dont 90% soumises à TVA à 20%) :
- TVA récupérable potentielle = 37 500 € × 55% × 90% × (20%/120%) = 3 094 €
- Perte de compétitivité si clientèle particuliers = 37 500 € × 16,7% = 6 263 €
- Gain net en restant en franchise = 6 263 - 3 094 = 3 169 € par an
Dans cet exemple, malgré des charges élevées, la franchise reste avantageuse si au moins 50% du CA provient de particuliers. Si la clientèle est à 100% professionnelle, opter pour la TVA dès 30 000 € de CA permet de récupérer 2 475 € sans perdre d'avantage commercial.
Gestion pratique du dépassement de seuil
Obligations déclaratives en cas de dépassement
Lorsque votre chiffre d'affaires franchit le seuil de 37 500 €, plusieurs scénarios se présentent selon l'ampleur du dépassement :
Dépassement entre 37 500 € et 41 250 € la première année : Vous conservez le bénéfice de la franchise pour l'année en cours et l'année suivante, sans aucune démarche. Aucune déclaration de TVA n'est requise. Vous devez toutefois surveiller votre CA l'année N+1 : s'il reste sous 37 500 €, la franchise continue ; s'il dépasse à nouveau 37 500 €, vous basculez automatiquement à la TVA au 1er janvier N+2.
Dépassement au-delà de 41 250 € : Vous perdez immédiatement la franchise dès le premier jour du mois de dépassement. Vous devez :
- Déclarer le dépassement auprès de votre SIE sous 30 jours via le formulaire 3517-S-SD (déclaration de début d'activité pour la TVA).
- Obtenir un numéro de TVA intracommunautaire (délivré sous 48h par l'administration fiscale).
- Refacturer avec TVA toutes les prestations réalisées depuis le 1er jour du mois de dépassement, y compris celles déjà facturées sans TVA (émission de factures rectificatives).
- Déposer des déclarations de TVA mensuelles (régime réel simplifié) ou trimestrielles selon votre CA annuel HT.
- Mentionner votre numéro de TVA sur tous vos documents commerciaux (factures, devis, CGV).
Attention au rétroactif : Si vous dépassez 41 250 € le 15 novembre, vous êtes assujetti à la TVA depuis le 1er novembre. Toutes les factures émises entre le 1er et le 15 novembre sans TVA doivent être corrigées. Vos clients professionnels ne seront pas impactés (ils récupèrent la TVA), mais les particuliers devront payer le supplément de 20%, sauf si vous acceptez de l'absorber dans votre marge.
Transition comptable et impacts de trésorerie
Le passage à la TVA modifie profondément votre gestion de trésorerie. Vous encaissez de la TVA auprès de vos clients (que vous devrez reverser à l'État) et décaissez de la TVA sur vos achats (que vous récupérerez). Ce décalage crée un besoin en fonds de roulement.
Illustration pour un développeur passant à la TVA avec 40 000 € de CA annuel :
- Avant (franchise) : Facturation mensuelle moyenne 3 333 € TTC, encaissement 3 333 €, cotisations sociales 707 €, trésorerie mensuelle stable.
- Après (TVA) : Facturation 2 778 € HT + 556 € TVA = 3 334 € TTC, cotisations 589 € (base HT), TVA collectée à reverser trimestriellement 1 668 €, trésorerie mensuelle variable.
Le premier trimestre sous le régime de TVA nécessite de provisionner 1 668 € pour la déclaration CA3, somme qui ne sera reversée qu'au 24 du mois suivant le trimestre. Cette contrainte de trésorerie s'ajoute aux cotisations URSSAF et à l'impôt sur le revenu, créant parfois des tensions pour les auto-entrepreneurs habitués à la simplicité du micro-social.
Solution pratique : Ouvrez un sous-compte bancaire dédié à la TVA dès votre assujettissement. Versez-y automatiquement 16,7% de chaque encaissement (équivalent de la TVA à 20% sur le TTC). Vous disposerez ainsi toujours des liquidités nécessaires lors de vos déclarations trimestrielles CA3, sans puiser dans votre trésorerie d'exploitation.
Outils et logiciels pour gérer la TVA en auto-entreprise
La gestion de la TVA implique de nouveaux outils par rapport à la simple déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires en franchise. En 2026, plusieurs solutions s'adressent spécifiquement aux auto-entrepreneurs assujettis :
- Freebe (à partir de 9,90 €/mois) : gestion intégrée des factures avec calcul automatique de la TVA, télédéclaration CA3 et suivi de trésorerie TVA. Interface simplifiée pour non-comptables.
- Indy (14,90 €/mois) : connexion bancaire automatique, catégorisation des dépenses avec TVA récupérable, génération des déclarations CA3 pré-remplies. Particulièrement adapté aux activités mixtes (certaines prestations à 20%, d'autres à 10%).
- Abby (gratuit jusqu'à 30 factures/mois) : calcul de TVA selon taux multiples, relances clients automatiques, export comptable pour l'expert-comptable.
- Tiime (à partir de 19 €/mois) : tableau de bord de pilotage avec alertes de seuils, simulation de passage à la TVA, gestion des notes de frais avec TVA déductible.
Ces outils évitent les erreurs fréquentes : application du mauvais taux de TVA (20% au lieu de 10% pour certaines prestations), oubli de déduction de TVA sur les frais, décalage entre date de facturation et date de déclaration. Le coût mensuel (10 à 20 €) est généralement compensé dès le premier mois par la TVA récupérée sur l'abonnement lui-même (2 à 4 € par mois).
Cas particuliers et situations complexes
Activités mixtes avec taux de TVA différents
Certains auto-entrepreneurs exercent des activités soumises à des taux de TVA différents : prestation de services à 20%, vente de denrées alimentaires à 5,5%, livres numériques à 5,5%, travaux de rénovation énergétique à 10%. En franchise de TVA, cette distinction n'a aucune incidence. Mais dès l'assujettissement, vous devez ventiler votre chiffre d'affaires par taux applicable.
Exemple d'un traiteur auto-entrepreneur (dépassement à 42 000 € en octobre 2026) :
- Prestations de service traiteur (livraison, installation) : 15 000 € HT → TVA 20% → 3 000 € collectés
- Vente de plats préparés à emporter : 20 000 € HT → TVA 5,5% → 1 100 € collectés
- Achats matières premières : 12 000 € HT → TVA 5,5% → 660 € déductibles
- Achats équipements : 3 000 € HT → TVA 20% → 600 € déductibles
- TVA nette à reverser : (3 000 + 1 100) - (660 + 600) = 2 840 € par an
Le logiciel de facturation doit permettre de paramétrer les taux de TVA par catégorie de produit/service, faute de quoi vous risquez une erreur de déclaration entraînant un redressement fiscal. L'URSSAF et la DGFIP échangent désormais automatiquement les données de chiffre d'affaires : toute incohérence déclenche un contrôle sous 6 à 12 mois.
Prestations internationales et règles de territorialité
Le seuil de franchise de 37 500 € s'applique au chiffre d'affaires réalisé en France uniquement. Les prestations de services à des clients établis hors de France suivent les règles de territorialité de la TVA, qui diffèrent selon le statut du client :
- Client professionnel UE : TVA non applicable (autoliquidation par le client), ces prestations ne comptent pas dans le seuil de franchise français.
- Client particulier UE : TVA française applicable si votre CA total UE reste sous 10 000 € ; au-delà, TVA du pays du client. Ces prestations comptent dans le seuil de 37 500 €.
- Client hors UE : Pas de TVA française (exportation de services), ne compte pas dans le seuil de franchise.
Un développeur français facturant 25 000 € à des entreprises françaises et 15 000 € à des entreprises allemandes (autoliquidation) reste en franchise de TVA en France, car seuls les 25 000 € comptent pour le seuil. Mais s'il facture 30 000 € en France et 10 000 € à des particuliers belges, son CA soumis au seuil atteint 40 000 €, déclenchant l'assujettissement.
Opportunité pour les freelances : Développer une clientèle internationale B2B permet de dépasser largement le seuil de 37 500 € sans perdre la franchise en France. Un consultant peut facturer 50 000 € à des entreprises suisses et allemandes (hors TVA française) tout en conservant le régime simplifié pour ses quelques clients français sous le seuil.
Cumul d'activités et plafonds cumulés
Pour les auto-entrepreneurs exerçant plusieurs activités (exemple : consultant + e-commerce), les seuils de franchise se cumulent ou non selon la nature des activités. En 2026, les règles précisent :
- Activités de même nature (toutes BIC ou toutes BNC) : Un seul seuil global de 37 500 €. CA consultant (BNC) + CA formateur (BNC) = cumul intégral.
- Activités de natures différentes (BIC + BNC) : Deux seuils distincts théoriquement, mais en pratique l'administration fiscale applique un seuil unique de 37 500 € depuis l'harmonisation 2025. Confirmation attendue dans la doctrine administrative BOI-TVA-DECLA-40-10-10 mise à jour en mars 2026.
Un auto-entrepreneur cumulant 20 000 € de CA en développement web (BNC) et 18 000 € en vente de formations en ligne (BIC) totalise 38 000 € : il dépasse le seuil et bascule à la TVA pour les deux activités simultanément dès le 1er jour du mois de dépassement cumulé.
Perspectives et évolutions réglementaires attendues
Harmonisation européenne et ajustements futurs
Le seuil de 37 500 € résulte de la transposition de la directive UE 2020/285, qui fixe un plafond européen de franchise à 85 000 € maximum. La France reste donc bien en deçà de ce plafond, laissant place à d'éventuels relèvements futurs. Plusieurs scenarios sont débattus pour 2027-2028 :
- Relèvement à 45 000 € pour aligner la France sur l'Allemagne (Kleinunternehmerregelung à 22 000 € mais avec seuil majoré à 50 000 €).
- Indexation annuelle automatique sur l'inflation, évitant les à-coups réglementaires et permettant une planification pluriannuelle. Un coefficient de 2% annuel porterait le seuil à 39 000 € en 2028.
- Différenciation sectorielle : certains lobbys professionnels (artisans du bâtiment, commerce alimentaire) plaident pour un seuil majoré à 50 000 € pour les activités à forte intensité capitalistique, maintenant 37 500 € pour les services intellectuels.
La Direction générale des
